La pauvreté – Notion – Observations de Jacques Freyssinet

abbé pierre

Observer la pauvreté – Jacques Freyssinet

La loi du 28 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions a créé un Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale « chargé de rassembler, analyser et diffuser les informations et données relatives aux situations de précarité, de pauvreté et d’exclusion sociale ainsi qu’aux politiques menées en ce domaine ».

Les sources de savoirs :

  • les savoirs institutionnels : nombre de bénéficiaires national et nature des prestations perçues.
  • les savoirs scientifiques.
  • les savoirs associatifs.


On dispose de la juxtaposition d’informations ponctuelles sur des populations qui se chevauchent partiellement et dont on connaît mal les trajectoires. On peut classer les formes d’exclusion.

On ne dispose de séries statistiques longues qu’en ce qui concerne la pauvreté monétaire.

Soumise à des tendances longues, la pauvreté est également sensible à la conjoncture économique. La croissance a eu un effet pervers sur les représentations collectives en matière de pauvreté et d’exclusion sociale. Dans les enquêtes d’opinion, la cause principale est désormais moins située dans l’environnement économique et plus dans la responsabilité personnelle. La polarisation des représentations a tendance à s’accentuer.

La pauvreté et l’exclusion sociale ont une histoire ; elles ont frappé successivement des catégories différentes de la population qui ont inégalement profité de conjonctures plus favorables pour en sortir.

Deux facteurs jouent un rôle déterminant : le rapport à l’emploi et la composition de la famille. L’emploi reste la meilleure protection contre la pauvreté. L’accès à l’emploi est de moins en moins suffisant pour garantir la sortie de la pauvreté. La dégradation de la qualité de l’emploi et les faibles niveaux de salaire exerceront aussi un effet sur la durée et le niveau de l’indemnisation du chômage, renforçant la persistance dans la pauvreté.

Toutes les recherches, même ciblées sur des populations limitées, échouent dans la production des modèles explicatifs simples.  Il n’y a pas d’homogénéité, les populations sont hétérogènes. Une telle démarche d’analyse comporte un risque évident. La pauvreté et l’exclusion pourraient cesser d’apparaître comme les produits d’un fonctionnement social global pour se réduire à la juxtaposition hétérogène de parcours individuels, marqués par des ruptures d’origines multiples liées aux caractéristiques des personnes. Ce qui est commun c’est bien le poids des critères de performance micro-économique et l’affaiblissement parallèle des espaces de sécurité et de solidarité qui avaient été construits sur la base de la famille, de l’entreprise, des groupes de proximité…

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